« L’insertion socioéconomique des jeunes est une préoccupation permanente »

Mounouna Foutsou, ministre de la Jeunesse et de l’Education civique.

Le département dont vous avez la charge foisonne de programmes et d’institutions destinés à promouvoir la jeunesse camerounaise : PPEJ, PAJER-U, PIFMAS, Observatoire national de la Jeunesse, entre autres. Est-ce qu’ils sont véritablement porteurs et changent la vie des jeunes depuis leur mise en œuvre ?


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En matière d’encadrement de la jeunesse, aucune initiative n’est de trop, tant il est que la jeunesse est la tranche de la population la plus dense et importante. Bien plus, tous ces projets et programmes sont complémentaires.  L’Observatoire national de la jeunesse par exemple est un outil d’intermédiation qui recense les besoins et aspirations des jeunes et les oriente vers des guichets de financements adéquats. L’Agence du service civique national de participation au développement est en charge du réarmement moral des jeunes bénéficiaires. Le Pajer-U s’occupe de la formation entrepreneuriale. Pendant ce temps, le Fonds national d’insertion des jeunes s’assure que les business plans des projets des jeunes sont bien montés ainsi que leur financement par les établissements de micro finances partenaires. Les jeunes Camerounais de la diaspora sont pris en compte par le Programme d’aide au retour et à l’insertion des jeunes Camerounais de la diaspora. Et le Programme national de volontariat, s’assure que toute la cible participe, par le biais des travaux d’intérêt général, au développement de leur localité immédiate. Sur votre question, sans hésitation, je dirai oui. Oui parce que lors de ma récente tournée nationale de remise des appuis aux jeunes bénéficiaires du Plan triennal spécial jeunes, partout où je suis allé, des « success stories » ont fait des témoignages. Nombreux sont devenus autonomes, avec amélioration du statut social. Ils sont désormais des chefs d’entreprises et emploient des milliers d’autres Camerounais. Nous avons, dans chaque région, visité les réalisations des jeunes et c’est tout simplement extraordinaire ce que nous avons vu. C’est l’objectif premier recherché par la politique d’insertion des jeunes que prône le chef de l’Etat, S E Paul Biya. 


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Nombre de programmes sus-évoqués ambitionnent de favoriser l’insertion socioéconomique de la majeure partie des jeunes. Quel bilan dressez-vous en matière de création d’entreprises par les jeunes ?


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L’insertion socioéconomique des jeunes reste une préoccupation permanente des pouvoirs publics. Il s’agit d’un processus méthodique qui vise à autonomiser le jeune dans son environnement. A cette date, plus d’un million de jeunes se sont fait inscrire sur la plateforme de l’Observatoire national de la jeunesse. Parmi eux, 58% sollicitent le financement de projets ; 23% entendent mener des missions de volontariat ; 2% recherchent un emploi et 18% une formation professionnalisante. Vous comprenez que chacun vient avec ses besoins et aspirations.  Comme vous pouvez l’imaginer, le gros du pourcentage des jeunes est porté vers l’entrepreneuriat. Ils sont nombreux. A titre d’exemple, sur les trois dernières années en cours, 5485 projets de jeunes ont bénéficié d’accompagnement du gouvernement à travers le Plan triennal spécial jeunes. Cependant comme vous le savez, le département ministériel dont j’ai la charge n’est pas le seul à mettre en œuvre des projets et programmes en faveur de la jeunesse. D’ailleurs, avec la mise en place de l’Observatoire national de la jeunesse, nous aurons plus de lisibilité dans tout ce qui est fait pour la jeunesse.  


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Il y a quelques semaines, vous avez parcouru des régions pour la remise des financements permettant à des jeunes de lancer leurs entreprises, dans le cadre du Programme triennal spécial Jeunes. Quel bilan à mi-parcours ?


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Nous sommes rentrés satisfait pour plusieurs raisons. Les témoignages et la satisfaction des jeunes bénéficiaires, les réalisations de leurs prédécesseurs que nous avons visitées et la confiance qu’ils placent en leur père, le chef de l’Etat, S.E Paul Biya à travers ses multiples initiatives à leur endroit sont les premiers motifs de satisfaction. C’est la preuve que le Plan triennal spécial jeunes fait des heureux au sein des jeunes, même si beaucoup reste à faire. Pendant notre tour dans les régions, nous avons observé que de multiples emplois sont créés pour les jeunes. Sur le territoire national, on en comptabilise 16 021 à mi-parcours. De manière générale, nous allons mettre dans ce bilan, la mise en service de la plateforme numérique, accessible à l’adresse www.onjcameroun.cm ; l’inscription de plus d’un million de jeunes à cette plateforme dont 2 035 de la diaspora ; le référencement de 21 347 jeunes à diverses structures étatiques et non étatiques. Aussi, nous citons le renforcement et alignement des capacités opérationnelles des programmes d’accompagnement des jeunes à l’instar des Centres multifonctionnels de promotion des jeunes. Actuellement 300 de ces centres sont opérationnels sur l’ensemble du territoire avec 43 nouvellement construits. 


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Cependant Monsieur le ministre, des remontées de terrain font état de longues attentes entre le moment de la sélection des bénéficiaires et la mise à disposition des financements. Qu’est-ce qui fait problème ?


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Il n’y a aucun problème à mon sens. Le mécanisme d’insertion des jeunes est connu. Dès leur enrôlement à l’Observatoire national de la jeunesse, les jeunes sont informés du parcours déjà évoqué ici. L’intervalle entre la prise en main et l’accompagnement proprement dit n’est pas déterminé. Il dépend de plusieurs paramètres qui rentrent en jeu. Au-delà du réarmement moral, civique et entrepreneurial, il y a la formation entrepreneuriale qui peut prendre du temps parce qu’il est question de maturer les projets. Le financement proprement dit est une autre étape. Un autre paramètre tout aussi important, est la situation de crise sociopolitique et surtout sécuritaire à laquelle notre pays fait face. Voyez-vous, les crédits destinés au financement des initiatives des jeunes proviennent du trésor public, qui, depuis quelques années est très sollicité du fait de ces crises. Cela, bien évidemment, ne facilite pas un accompagnement au rythme souhaité. Toutefois, cette année, avec le maintien desdits crédits malgré le collectif budgétaire et ce, sur très hautes instructions du chef de l’Etat, le financement des projets des jeunes dans le cadre du Plan triennal spécial jeunes a connu un important coup d’accélérateur. 


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Certains jeunes dans l’attente de financements depuis trois ans vous soupçonnent d’ailleurs de favoritisme. Que leur répondez-vous ?


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J’ai suivi ces allégations ci et là et particulièrement sur la toile. Comme vous l’imaginez bien, en ma qualité de ministre en charge de la jeunesse, je suis obligé d’être présent sur les réseaux sociaux pour non seulement partager avec elle, mais également suivre ce qu’elle fait au quotidien. Je ne vais pas entrer dans les détails des chiffres qui sont disponibles au niveau du Fonds national d’insertion des jeunes qui apportent des précisions sur la cartographie des jeunes financés jusque-là. Mais pour faire simple, je comprends que les jeunes sont impatients et cela fait partie de leurs caractéristiques. Cependant, ils doivent comprendre que le Plan triennal spécial jeunes est une prescription présidentielle destinée à toute la jeunesse camerounaise sans distinction, aucune. La seule chose qu’ils ont à faire c’est de s’inscrire et de suivre la procédure comme tout le monde sans prétendre à une quelconque faveur.       


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« Jeunesse, résilience, défis et opportunités en temps de Covid-19 », c’est le thème de cette édition de la Fête de la Jeunesse. Quelles sont les actions concrètes que vous menez pour que les jeunes et leurs projets s’en sortent dans ce contexte particulièrement difficile ?


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Sous l’impulsion du chef de l’Etat, je viens de faire le tour du Cameroun à la rencontre des jeunes à qui j’ai remis d’importants appuis. C’était en pleine crise sanitaire et en pleine période de résilience généralisée d’ailleurs. Malgré le contexte difficile, le président de la République a tenu à ce que les jeunes bénéficient de l’enveloppe qui leur est destinée dans le compte du budget 2020. Sur un tout autre plan, avec notre accompagnement, plusieurs jeunes leaders ou non, ont transformé le Covid-19 en opportunité. Il s’agit entre autres de la production des masques de protection, des gels et solutions hydroalcooliques, des visières, pour ne citer que ceux-là.  Nous avons reçu plusieurs d’entre eux. En ce moment, nos unités techniques opérationnelles sont aux côtés de ces jeunes au quotidien et c’est plutôt encourageant pour ces jeunes Camerounais qui se mettent de manière spontanée au service de la nation qui, comme d’autres, traverse des moments difficiles du fait de la crise sanitaire. 


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Vous êtes au contact de la jeunesse camerounaise au quotidien et l’observez depuis des années. Vous semble-t-elle prête à prendre la relève ?


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