Nécrologie : Philémon Blake Ondoua à jamais

Le comédien, grande figure du théâtre national, a tiré sa révérence à 74 ans, samedi dernier après plus de quatre décennies de carrière.

La scène était son temple. Elle l’a vu naître puis éclore en tant que comédien de talent et de caractère. Elle l’a vu s’éteindre aussi. Samedi dernier, 8 mai 2021, Philémon Blake Ondoua a tiré sa révérence à l’âge de 74 ans, sur le plateau de tournage d’une série télévisée, à la suite d’un malaise. L’acteur et metteur en scène émérite comptait dans les rangs de ces artistes qui ont écrit les premières lettres dorées du Théâtre national. Recruté en 1978 dans ce mouvement artistique prônant l’émulation du génie local sur les planches, Phil comme l’appelaient les intimes, sera de la première expédition mémorable en Tunisie. Les Journées théâtrales de Carthage ouvrent leurs portes aux projets du continent, et dans une logique de conquête, le Théâtre national s’y rend en 1985 avec la pièce « Dahirou IV » du Dr Adamou Ndam Njoya. Il est évidemment du voyage. D’ailleurs il a toujours répondu présent à chaque fois que l’Ensemble national a fait appel à lui, faisant valoir son don pour l’art théâtral à travers le monde.


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François Tamango, ancien directeur du Théâtre national se souvient de lui comme « l’un des meilleurs pensionnaires de la troupe ». « Il avait une formation de base solide pour le théâtre. Sa capacité à retenir son texte était impressionnante. Ce qui me marquait le plus, c’était son altruisme à partager son avis avec le metteur en scène. Il proposait beaucoup sur une pièce, et c’était si facile de le diriger », souligne-t-il. Issa Yinkou et Jacobin Yarro, autres visages-phares du théâtre camerounais à avoir côtoyé le regretté comédien que ce soit au cinéma, à la télévision ou sur scène, sont également d’avis qu’il n’avait pas son pareil. « Pour moi, il était le meilleur comédien que le Cameroun ait jamais connu, le plus accompli, le plus talentueux. Et je le dis sans exagération. Il s’est formé par passion. J’étais fasciné par ce procédé qu’il utilisait dans la fabrication et la composition du personnage », affirme Jacobin Yarro. Quant à Issa Yinkou, il garde vivaces les moments professionnels et fraternels vécus sur des projets comme « Silence on joue » de Tsiri Ndongo, « La marmite de Koka Bala » de Guy Menga, ou encore « La marche vers l’avant » jouée lors des célébrations du Cinquantenaire des Indépendances à Buea, entre autres.


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