Dédicace : cœurs de femmes

Le roman « Elles parlent d’amour… » publié en mars 2021 a été présenté le 15 mai dernier au cours d’une cérémonie à Yaoundé par les auteures et l’éditrice.

L’amour vu sous le prisme féminin, c’est de la romance, beaucoup d’eau de rose, mais pas seulement. Pour dessiner l’idylle entre ces belles et leurs princes charmants, les trois auteures d’« Elles parlent d’amour… », recueil de nouvelles de 250 pages publié en mars dernier, soulignent d’un trait gras plusieurs phénomènes sociaux. Mariage forcé, problème de dot, inégalité des classes, stérilité, handicap, perte d’un être cher, sont entre autres douleurs réveillées par Stéphanie Dongmo, Faustine Ange Yaga et Koutoukoute dans les mini- romans « Une autre chance de t’aimer », « Sauvée par le cheikh » et «Les silences de l’amour» rassemblés par Mariette Tchamda, patronne des Editions Nuances. «L’amour est un prétexte pour se pencher sur des sujets préoccupants», se défendra-t-elle face au choix de Nuances d’associer les femmes aux romances plutôt qu’à des problématiques courantes retrouvées dans la littérature africaine en général (traditions, guerres, méchante marâtre, etc.).

Faut-il le rappeler, cette toute récente maison d’édition qui ne publie que des femmes aux œuvres destinées à leurs pairs, avait dévoilé son premier ouvrage en 2020 sous la plume de Koutoukoute, cette écrivaine qui a décidé d’avancer masquée comme Zorro et de préserver le mystère autour de son identité. Elle a remis une couche avec Nuances, pour raconter comme ses consœurs, les épopées amoureuses de femmes ordinaires, que vous pouvez croiser à plusieurs coins de rue, mais qui dans leur for intérieur traversent moult tempêtes sentimentales. Ces femmes s’appellent Delphine, Mairam ou encore Marie Elisabeth, et grâce à elles, les écrivaines du premier volume de cette collection dédiée aux histoires d’amour, peuvent s’exprimer en toute quiétude.

D’ailleurs, la dédicace organisée le 15 mai dernier dans un restaurant de Yaoundé a permis au public d’obtenir quelques indiscrétions, notamment sur l’implication personnelle de ces dames dans leur projet d’écriture. Stéphanie Dongmo confiera alors qu’elle a transposé l’intensité de son époque de journaliste au quotidien Le Jour dans le personnage de Delphine, et Faustine Ange Yaga révèlera qu’elle s’est retrouvée orpheline (à l’âge de 15 ans), comme les héroïnes de sa fiction. Parfait Tabapsi, journaliste culturel, durant sa note de lecture réalisée à l’occasion de cette dédicace, a mis en lumière la particularité de cette œuvre, son audace et sa témérité à aller si proche de la réalité comme l’a recommandé l’icône de la littérature Pabé Mongo aux jeunes auteurs il y a quelques années. Cette originalité est justement recherchée par Mariette Tchamda, la femme derrière les Editions Nuances, qui lancera d’ici peu l’appel à candidatures pour le volume 2 de sa collection « Elles parlent d’amour… » à paraître chaque année en période de Saint- Valentin. Alors mesdames, à vos stylos !

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