Afrique australe : la menace terroriste

Jusque-là épargnée, la sous-région est confrontée depuis quelques années à des attaques jihadistes qui prennent progressivement de l’ampleur.

Depuis l’attaque en 2017 contre la province mozambicaine de Cabo Delgado, limitrophe de la Tanzanie, le terrorisme est devenu une menace permanente au sein de la Communauté des Etats de l’Afrique australe (SADC). Des jihadistes du groupe des insurgés d'Ahlu Sunna wal Jamaa, communément appelés Al-shabab (les jeunes en arabe), affiliés au groupe État islamique (EI), ont décidé de s’emparer de la petite ville de Mocimboa da Praia. Mais, l’attaque de la ville de Palma survenue le 24 mars dernier reste sans doute la plus spectaculaire, avec 180 personnes piégées dans un hôtel. Plusieurs d’entre elles ont été tuées par la suite dans une embuscade tendue par des insurgés après leur libération par la police. La cité portuaire qui comptait 75 000 habitants et 40 000 déplacés a été pillée par les insurgés. Cette poussée du terrorisme ne va pas sans conséquences économiques d’autant plus que les assaillants se sont emparés du port stratégique où se mettait en place l'immense projet régional de gaz naturel liquéfié (GNL), l'un des plus gros investissements en Afrique, évalué à 15 milliards de dollars auquel participe le groupe français Total. 


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Cette poussée jihadiste a presque fait perdre le sommeil à l’ensemble des pays de la sous-région. Même si pour le moment les Etats-membres de la SADC tardent toujours à se décider s’il faut envoyer ou non une force de 3000 hommes pour endiguer la menace, le danger plane dans cette partie du continent. A défaut d’une décision courageuse, les dirigeants d’Afrique australe se contentent tout simplement d’exprimer leur solidarité au Mozambique qui paie le plus lourd tribut de cette menace. A bien regarder, d’aucuns ne semblent pas mesurer le risque d’une contagion de cette nébuleuse à l’ensemble des pays. Selon plusieurs sources, les multiples attaques ont déjà fait pas moins de 1500 morts et quelques 250 000 déplacés dans l’ensemble de la région. Se servant de la pauvreté et du désœuvrement de la jeunesse, les insurgés affirment dans leur discours « vouloir changer les conditions de vie des populations ». Ils accusent certains dirigeants d’être à la solde des multinationales à qui ils accordent toutes les facilités pour « piller » les ressources de cette région riche en gaz naturel au détriment des populations. 


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En attendant que les Etats d’Afrique australe montent une véritable stratégie adaptée à une guerre asymétrique et développent des échanges de renseignement comme dans d’autres régions confrontées à la même menace, le Mozambique, pays le plus affecté, se débrouille comme il peut. Maputo a fait appel à des sociétés de sécurité privées sud-africaines et russes pour tenter de reprendre la main dans les régions du nord. Malheureusement, le recours aux mercenaires tarde encore à produire l’effet escompté. 


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