Une horreur de trop

Quel autre qualificatif utiliser pour décrire et condamner les actes de terreur commis régulièrement dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun par des groupes criminels ? S’il y avait une hiérarchie à établir dans la violence, le summum y aurait déjà été atteint, tant la cruauté des bandes armées qui écument ces deux régions a dépassé l’entendement et le superlatif absolu. Qu’à cela ne tienne, on n’arrêtera pas de dénoncer avec la dernière énergie la barbarie de ces hors-la-loi. Ils se sont encore illustrés négativement la semaine dernière dans le département du Ndian, région du Sud-Ouest, où ils ont kidnappé six fonctionnaires descendus sur le terrain pour répondre à l’appel du devoir. L’un des captifs a même été assassiné le 18 juin 2021 par les ravisseurs qui revendiquent ce crime lâche et odieux en même temps qu’ils conditionnent, d’après certaines sources, la libération des autres infortunés au versement d’une importante rançon.                                                                                                                                                 Une fois de plus, la nouvelle a provoqué une onde de choc, suscitant à l’échelle nationale, émoi, désapprobation, indignation et condamnation. D’autant plus que ce n’est pas la première fois que de tels actes inhumains sont enregistrés. La liste de citoyens anonymes, d’éléments des Forces de défense et de sécurité et de fonctionnaires brutalement arrachés à la vie par des hommes sans foi ni loi dans cette partie du pays est si longue qu’il serait fastidieux de l’énumérer. D’autre part, l’observateur est abasourdi face au silence assourdissant des ONG censées défendre sans discrimination les droits de l’Homme. Ces procureurs d’un autre genre sont subitement aphones alors que d’habitude, ils sont si prompts à dénoncer les rares bavures qui se produisent sur le théâtre de la crise. Que ces pourfendeurs sachent une chose : dans leur immense majorité, les Camerounais épris de paix, y compris ceux des deux régions en proie au confit, ne se laissent pas berner par cette attitude partiale et suspecte qui trahit en définitive un agenda caché. La preuve en est que le vent des condamnations ne faiblit pas au Cameroun et au sein de la diaspora, depuis que les réseaux sociaux relaient cette autre scène d’horreur insupportable. En tout état de cause, la traque et l’interpellation des fauteurs de troubles et des entrepreneurs de guerre, jusqu’au dernier d’entre eux, est le défi majeur que les Forces de défense et de sécurité doivent relever afin que justice soit rendue aux victimes. Dans un contexte où il apparaît désormais clairement, à la lumière des dernières évolutions sur le terrain, que les revendications corporatistes puis sécessionnistes ont cédé le pas aux actes criminels et de grand banditisme avec enlèvements et demandes de rançon, toutes les dispositions doivent être prises pour mettre hors d’état de nuire les ennemis de la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Dans cette perspective, toutes les initiatives allant dans ce sens doivent être encouragées car ce conflit qui s’est envenimé en 2017 n’a que trop duré.                                                                                                            


Read also : Le nerf de la guerre

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category

Le nerf de la guerre
Parfum de richesses
Going Beyond Bounds