Du ciment plus accessible

La cérémonie de pose de la première pierre d’une unité de production de clinker et de ciment, présidée hier à Figuil, petite localité du département du Mayo-Louti dans la région du Nord, par le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, n’est sans doute pas passée inaperçue auprès d’une population camerounaise qui n’arrête pas de s’interroger sur les prix de vente du ciment sur le marché local. On l’a en effet constaté, les besoins exprimés pour cette matière sont de plus en plus croissants. La cérémonie d’hier, si elle a pu susciter des interrogations, ne pouvait pas non plus manquer de faire naître des espoirs. Des espérances d’autant plus justifiées que l’on a observé depuis quelques années, la multiplication des structures de production de cette matière essentiellement utilisée pour les constructions, conséquence de la libéralisation de l’environnement économique. L’unité, dont la première pierre a été posée par le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, ne produira pas seulement du ciment, mais également du clinker. Il s’agit de l’un des constituants du ciment qui continue d’être importé. Ce qui n’a pourtant pas empêché la prolifération des cimenteries au Cameroun, dans un environnement où le monopole était jusque-là détenu par un seul opérateur. Elle est bien loin, l’époque où les usagers s’alignaient dès les premières heures de la matinée sur le site de vente d’une structure de production de ciment au lieu-dit « gare de Mvolyé » à Yaoundé, espérant ainsi acquérir ce qui était jusque-là une denrée rare.
La satisfaction chez les consommateurs est pourtant loin d’être évidente avec la « démocratisation » de la production et la vente du ciment. Ces derniers mois en effet, l’on a assisté à une envolée des prix de cette matière sur le marché camerounais. A titre d’illustration, celle-ci, selon les marques, coûte entre 4 600 F et 5 900 F dans la zone urbaine de Yaoundé, alors que la fourchette des prix va de 6 500 F à 7 000 F, voire plus à Maroua et ses environs dans la région de l’Extrême-Nord. Le gouvernement camerounais a dû intervenir à plusieurs reprises pour empêcher la poursuite de l’augmentation des prix sur le marché local par les producteurs et les distributeurs. L’importation des intrants dans la production du ciment pourrait-elle expliquer à elle seule, la flambée des prix observée depuis quelques années sur ce produit ? Surtout dans un environnement où certains producteurs préfèrent écouler leurs ciments sur d’autres marchés « plus rentables » au détriment du marché local. A défaut d’une révision à la baisse du prix d’achat de ce produit, les consommateurs appellent à une stabilité de celui-ci, pour le rendre accessible à tous. Ce qui pourrait également avoir un impact non négligeable sur la ruée vers les produits contrefaits. La production locale du clinker devrait sans doute donner quelques espoirs dans ce sens.
 

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