Dépenses des ménages: dur dur, la rentrée

Frais de scolarité et fournitures sont autant de charges qui s’imposent en ce moment.

« Ils ne sont que trois, mais leur rentrée scolaire me coûte un peu plus de 500 000 F », indique cette mère de famille rencontrée hier dans une librairie de Yaoundé. Malgré ce demi-million de F qu’elle est en train de dépenser en une seule journée, la dame a l’air serein. Car, indique-telle, « la rentrée scolaire ne se prépare pas pendant les vacances, ni à la veille du retour des classes. Personnellement, je constitue une épargne douze mois durant, afin de gérer toutes ces dépenses d’un trait », assure la parente d’élève, visiblement fière de sa stratégie. Une manière de faire saluée par le fondateur de l’école privée où elle a au préalable inscrits ses  enfants, l’un en maternelle et les deux autres au primaire. 
Mais, tous les parents n’ont pas que trois enfants et encore moins les revenus financiers pouvant permettre de constituer une épargne. « C’est pourquoi, seules les inscriptions et à la limite la première tranche de la pension sont obligatoires dès la rentrée. On échelonne le paiement de la pension afin d’alléger le poids aux parents, étant donné qu’il y a des fournitures à acheter et que les charges fixes à l’instar des loyers et autres rations alimentaires demeurent », explique John Ngangué, co-fondateur. Et de souligner que, « malgré toutes ces concessions, en plus des moratoires, nombre de parents peinent à assurer correctement la rentrée de leurs enfants ».
C’est vrai qu’en général, la période de rentrée scolaire est un moment de stress pour les parents d’élèves. « Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des places dans le public où le primaire est gratuit et le secondaire peu coûteux. Il faut donc investir dans le privé, notamment confessionnel, où la qualité de l’encadrement est de toute façon meilleure », reconnaît Claude Abéna, qui fait des allers et retours dans un collège de la place depuis des jours. Car « avoir de l’argent n’est pas toujours suffisant. Il faut cibler le bon établissement et se battre d’une façon ou d’une autre afin d’y obtenir une place. Et ces manuels qui augmentent et changent en fonction des établissements et des matières ! », regrette-t-il. L’argent en question est un crédit scolaire qu’il a contracté auprès de sa banque. Sauf que le crédit scolaire est réservé à une tranche bien précise de parents. 
« Si on analyse la constitution du dossier à fournir, on verra partout la notion de domiciliation de salaire et celle d’attestation de virement irrévocable. C’est dire qu’il est réservé et par conséquent, pas facile d’accès », relève Isaac Pone, expert financier. Voilà qui explique le recours massif des Camerounais dépourvus de comptes bancaires, vers les tontines, plus flexibles et plus souples en termes de taux d’intérêt et de délais de remboursement.

 

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