Libéria : les chantiers du président

Joseph Boakai nouvellement élu trouve un pays encore marqué par plusieurs années d’une guerre civile particulièrement meurtrière et une succession de crises sanitaires qui ont mis l’économie à genoux.

Après le faux pas concédé en 2017, Joseph Boakai a finalement pris sa revanche à l’issue du second tour de la présidentielle du 14 novembre dernier en battant sur le fil le président sortant, George Weah, avec 50,64% des voix contre 49,36%. Ce vieux routier de la scène politique libérienne accède enfin à la tête du tout premier pays indépendant d’Afrique, après deux mandats successifs comme vice-président sous Ellen Johnson Sirleaf entre 2006 et 2018. Il aura sans doute beaucoup appris du quotidien des Libériens durant les six années passées dans l’opposition. Mais, après avoir dribblé l’ancien Ballon d’or, celui que ses compatriotes appellent « le vieil homme » n’aura pas d’état de grâce, d’autant plus qu’il ne trouve pas une situation des plus enviables. Car, à peine sorti en 2003 d’une guerre civile, déclenchée en 1990, qui aura fait plus de 250 000 morts, le Libéria connaîtra une succession d’événements malheureux qui viendront doucher ses ambitions. Notamment, l’épidémie Ebola, le Covid-19 et la guerre en Ukraine qui ont davantage contribué à affaiblir tous les efforts entrepris pour relancer l’économie et améliorer les conditions de vie des populations. Le pays a dû recourir à divers emprunts pour pouvoir tenir. 
Cette succession de crises a entraîné des déficits au niveau du commerce extérieur et des comptes publics, induisant une inflation galopante toujours au-dessus de 10 %. Avec un Produit intérieur brut (PIB) par habitant de 800 dollars (479 200 F) par an, ce pays d’Afrique de l’Ouest est l’un des plus pauvres au monde. Selon le Fonds monétaire international (FMI), le PIB a atteint 4,8% en 2022. Malheureusement, la population peine toujours à tirer profit de la croissance. D’après l’Organisation internationale du Travail (OIT), le chômage touchait 3,5% de jeunes âgés entre 15 et 24 ans en 2022 sur une population totale de cinq millions d’habitants. En matière de corruption, la situation n’est non plus reluisante. En 2022, le pays a été classé 136e sur 180 par l’ONG Transparency International. En plus, les affrontements meurtriers et les nombreux incidents survenus en...

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