Championnat à quatre pattes

Le championnat « professionnel » de football au Cameroun se joue depuis quelques années déjà, selon une formule transitoire qui n’en finit pas. Et surtout qui semble se régénérer chaque saison en prenant un visage nouveau, parfois inattendu. En ce moment par exemple, se joue la phase dite décisive qui va déterminer le champion du Cameroun, les clubs maintenus, les admis en première division (Elite One), les relégués en deuxième division (Elite Two) et les relégués en division régionale. C’est donc une série de batailles pour la survie que se livrent les équipes du championnat depuis quelques jours, à la faveur de ce que l’organisation a désigné par le vocable « play-offs ». Il s’agit en réalité de quatre mini compétitions qui se disputent en même temps depuis environ deux semaines, regroupant les équipes selon les niveaux et les enjeux.
Cette espèce de cloisonnement à l’extrême est suffisant pour semer le trouble dans l’esprit des amateurs de football, longtemps habitués à une formule de championnat plus simple. Où avec une poule unique, le leader du classement à la fin est naturellement le champion du Cameroun. Et les deux ou trois dernières équipes sont reléguées en Elite Two. Et du côté de la division inférieure, même logique : les deux ou trois premiers accèdent à l’Elite One et les trois derniers descendent en division régionale. Mais au lieu de cela, le public camerounais a droit depuis quelques saisons, à une organisation en deux poules, qui nécessite des barrages pour être complète. Pour la beauté de la compétition, ce n’est absolument pas une mauvaise idée en soi. Le niveau des débats au cours des derniers barrages a même laissé voir de belles oppositions. 
La difficulté, c’est que pratiquement chaque année apporte ses changements dans cette formule de championnat censée être provisoire. Et que plus ça change, plus on s’installe dans le « provisoirement définitif », avec une visibilité et une lisibilité de plus en plus questionnables. Difficile de dire par exemple, au début d’une saison, combien d’équipes seront reléguées en division inférieure. D’ailleurs, la formule actuelle du championnat semble dictée par des effectifs qui tutoient les records : 19 clubs en Elite One, 16 en Elite Two. Dans un contexte économique difficile, avec des clubs qui ont vraiment du mal à assurer leur survie et payer les justes rétributions aux faiseurs de spectacle que sont les joueurs, on a la nette impression que les organisateurs de notre championnat « professionnel » ont choisi le plus compliqué, là où le réalisme aurait commandé de faire simple. 
Il en est ainsi de ces fameux « play-offs » qui se jouent en ce moment. Au terme de la première phase du championnat, la « saison régulière », comme diraient les basketteurs américains, les deux poules ont dégagé chacune son champion. La suite la plus logique, peut-être la plus pratique et sans doute la moins coûteuse aurait été d’opposer les deux champions de poule pour une finale qui déterminerait le champion du Cameroun. Mais non, il a fallu qu’on recommence une toute autre compétition, avec d’une part, les huit premiers, pour s’affronter, cette fois dans une poule unique dont le premier au classement final sera déclaré champion du Cameroun. Ça s’appelle « Play-off up Elite One ». Et d’autre part, les 11 derniers, dans une autre poule dont les trois derniers rejoindront la division inférieure. Ici, ce sont les « Play-offs down Elite One ». Même scenario pour la deuxième division. Des « play-offs up » regroupant les meilleurs de la saison régulière, pour déterminer les admis en Elite One. Et des « play-offs down », entre les équipes de la seconde partie du tableau final de la saison régulière, en vue de désigner les relégués en division régionale.
Vous vous y retrouvez ? Si oui, tant mieux pour vous. Mais reconnaissons-le, il existe plus simple. Et ce choix prête clairement à confusion. D’autant qu’il ne garantit pas vraiment l’équité et remet en cause l’utilité même de la saison régulière sur certains points. Prenons l’exemple des « play-offs down ». La tradition voudrait qu’en fin de saison, les deux ou trois derniers soient sanctionnés de leurs mauvaises performances et ...

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