« Toute vie avait été balayée »

Jean Pierre Efouba Onana, envoyé spécial de la Cameroon Television (CTV) sur le site du lac Nyos le 25 août 1986.

« Après la catastrophe, les journalistes ont accouru du monde entier. Face à la situation, le directeur général, Florent Etoga Eily, décide de louer un petit avion privé de 10 places pour accompagner l'équipe de la CTV à Ba­ menda. On embarque dans ce petit avion qui décolle de Yaoundé-Mvan. 45 minutes plus tard, on est à Bamenda. Sur place à l’aéroport local, c’est le colonel Blaise Benae Mpecke, chef d'état-major particulier du chef de l’Etat qui gère les mouvements d'hélicoptères vers le lac. Quand nous atterrissons, les hélicoptères sont au lac avec les journalistes israéliens. Las d’attendre, le chef de mission désigné par le Directeur général, Nyamndi Ndifontah, prend la décision de rallier le lac Nyos avec « notre » avion. En quelques minutes, nous sommes passons au-dessus du lac. C’est la première image du lac que je vois. L’eau est d’un rouge ocre. On sent vraiment que l'explosion a ramassé toute la boue du fond. On nous explique alors qu'après l'explosion, une vague est montée très haut jusqu'au niveau de la falaise. Et les eaux, en retombant, ont ramassé des feuilles mortes, des troncs d'arbres morts, et tout ce matériel végétal flotte à la surface du lac. Puis, on voit au sommet d'une colline des taches blanches. C'était des bœufs morts. Alors, on demande au pilote s’il pouvait baisser d’altitude. Il refuse d’abord, puis se ravise, décidé à nous aider. Il fera deux passages pour que le caméraman, Richard Bessong, à travers le hublot, puisse prendre des images. Les premières de cette ca­ tastrophe. Le soir-même, elles vont faire le tour du monde. Toutes les télévisions vont les utiliser. De retour à Bamenda, nous embarquons dans l’hélicoptère qui est indiqué pour ce type de mission. L’appareil s’est posé dans le village de Subu...

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