Production de sorgho: Les plants se font rares à l’Extrême-Nord

La faible pluviométrie enregistrée cette année dans la région compromet les récoltes et suscite des inquiétudes chez les populations.

I l est 8h30 à Maroua ce 23 oc­ tobre 2026. Souley Mamoudou, agriculteur, sort de chez lui muni d’un filet (environ 25 kg) de plants de sorgho. C’est tout ce qu’il a pu arracher de sa pépinière ce matin- là. Visage serré, il prend la route de son champ situé à 10km de son domicile. Pour cette campagne agricole, il avait prévu exploiter une superficie d’un hectare de ter­ rain pour espérer récolter deux ou trois tonnes de sorgho, nécessaires pour nourrir sa famille durant toute l’année. Malheureusement, il est loin du compte. « Je ne sais pas où je vais trouver les 975 kg de plants qu’il me faut pour couvrir tout mon champ. Il me faut en acheter, malheureusement, per­ sonne autour de moi n’en a en surplus », s’inquiète-t-il. Martine Kalda, une autre productrice, se trouve dans une situation plus alarmante puisqu’elle n’a rien pu obtenir de sa pépinière. « N’ayant pas de moyens financiers pour pouvoir en acheter, je suis déses­ pérée car cette culture constitue ma seule source de revenus », se lamente-elle. Cette rareté des jeunes plants pourrait avoir des conséquences néfastes sur la culture du sorgho dans la région de l’Extrême-Nord. A l’origine de cette situation préoc­ cupante, l’insuffisance des pluies enregistrées cette année dans la partie septentrionale du pays. Les sols n’ayant pas bénéficié d’un ar­ rosage suffisant, la germination des graines et le développement des jeunes plants s’en trouvent affectés. Conséquence : les pépi­ nières de sorgho se font de plus en plus rares, au grand désarroi des agriculteurs. A ces contraintes climatiques s’ajoute un autre pro­ blème : le vol des jeunes plants. Les agriculteurs qui ont réussi, malgré les difficultés à obtenir des pépinières, se retrouvent parfois victim...

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