Les candidats au General Certificate of Education (GCE), session 2026, vont devoir jouer les prolongations dès ce lundi à travers le pays. Une décision du ministre des Enseignements secondaires, prise le 6 juin dernier a stoppé les épreuves et reporté la suite. Pauline Nalova Lyonga a dû en arriver là en raison de la découverte en plein examen d’une vaste fuite d’épreuves. Des sujets programmés se sont retrouvés « versés » sur les réseaux sociaux avant même d’être administrés aux candidats. Ce qui a provoqué cette sortie du ministre. L’ensemble de l’examen ne sera pas repris. Mais les épreuves qui restaient à passer entre le 8 et le 18 juin ont été renvoyées, le temps de sécuriser la suite du processus. En proposant évidemment de nouveaux sujets. Le phénomène n’est pas nouveau, à la vérité. Mais on pensait qu’il relevait d’une autre époque. Au début des années 90 en effet, les fuites d’épreuves d’examens officiels avaient fini par devenir « endémiques » au point où le phénomène a été affublé de la célèbre appellation, « l’eau ». Eh oui, « l’eau » a donc coulé au GCE 2026 ! C’est la triste réalité, qui met à nu une certaine vérité : au sein de la communauté éducative nationale, des valeurs comme le travail, le mérite, le goût de l’effort ou la simple bonne moralité sont mises à rude épreuve. Des encadreurs, élèves et parents, tous concernés par cette dérive, ont visiblement pris fait et cause pour la facilité, et polluent l’environnement des examens. Une alerte avait déjà été donnée il y a deux ans et les faits survenus cette année confirment cette tendance à tourner le dos à l’orthodoxie qui touche toutes les composantes de la communauté. Ça commence bien sûr par les enseignants. Les épreuves d’examens qui se retrouvent ainsi sur la place publique avant leur passage sont-elles le fruit d’un cambriolage dans les services où elles étaient censées être sécurisées ? Les enquêtes le diront. Mais a priori, seuls des enseignants en avaient la responsabilité. C’est donc vraisemblablement à ce niveau- là que le robinet a été ouvert. Ce qui est tout de même assez grave. Un enseignant qui entreprend de divulguer le contenu d’une épreuve d’examen, par négligence, contre de l’argent ou pour tout autre type de raison, n’ouvre pas seulement un boulevard au culte de la facilité. C’est un véritable coup de massue qu’il assène à la fondation de la société que son métier est appelé à construire. Oui, les enseignants, peut-être plus que les autres, ont le devoir d’être exemplaires. Ce sont eux qui transmettent aux jeunes générations l’essentiel des valeurs que la Nation se donne dans la formation de ses citoyens. Mais que ne voit-on pas de plus en plus ? Des enseignants qui trichent aux examens, pour favoriser des candidats, contre rémunération ou pour exprimer un état d’âme. Un peu dans le sillage de la fameuse « Opération 20/20 », il y a une vingtaine d’années. C’est un autre gros coup porté à la crédibilité de ce noble métier, déjà en proie à toutes sortes de défis au quotidien. En deuxième lieu, on est en droit de se questionner sur ces parents qui, au courant de fuites d’épreuves, s’empressent d’y participer en mettant les sujets en question à la disposition de leurs enfants. Beaucoup de ces fuites impliquent les groupes WhatsApp de parents d’élèves, comme il en existe de plus en plus au sein des établissements scolaires du pays. Ainsi, au nom de la réussite de leurs enfants, certains sont prêts à jeter leur intégrité à la poubelle. Là aussi, comme pour les enseignants coupables de tricherie, l’implication des parents pose un sérieux problème. C’est le fondement de la société camerounaise qui est ainsi fragilisé, sacrifié à l’autel...
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