Fleuves du Cameroun : Des trésors inexploités
- Par Jeanine FANKAM
- 05 Aug 2026 02:58
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L e port de Garoua ! Qu’en reste-t-il ? Les Camerounais, prompts à parler de deux ou trois grands ports du pays, ignorent dans leur majorité, l’existence du port fluvial de Garoua. Il y a longtemps que cette infra- structure est hors-service, laissant des « vestiges » où se maintient un embryon d’activité et où s’imbriquent des mouvements plus ou moins clandestins, des services publics corrects ou approximatifs et des trafics multi- formes. En matière de richesses fluviales, le port de Garoua est le prototype de ces trésors inexploités du Cameroun. Combien savent que cet ouvrage, créé en 1935 sous l’administration coloniale, était le poumon économique dans la partie septentrionale du Cameroun ? On situe sa décennie d’or entre 1980 et 1990, avant le déclin. La Bénoué sur laquelle est assis ce port était alors la principale voie navigable intérieure du Cameroun et a longtemps joué un rôle straté- gique dans les échanges sous- régionaux avec les pays voisins, le Nigeria et Tchad no- tamment. Il en est de la Benoué, fleuve navigable du Cameroun comme du Wouri, du Dja, du Nyong, de la Bouba, de la Ngoko, du Danaï, du Ntem, du Logone, de la Sanaga, le plus long de tous ces cours d’eau. Des « perles » négligées au point où on serait fondé de croire que la navigation fluviale est un mythe au Cameroun. Pourtant, elle est bel et bien une réalité, mais plus une réalité ar- tisanale non valorisée ! Chaque jour, des milliers de Ca- merounais utilisent les fleuves et les rivières pour se déplacer, transportant des marchandises ou pratiquant la pêche dans les localités qu’ils traversent. Dans le cas d’espèce, il s'agit essentiellement d'une navigation assurée par des pirogues motorisées ou à pagaie, sans véritables infrastructures viabilisées. En revanche, si l'on parle d'une navigation fluviale mo- derne, organisée, sécurisée et intégrée au système na- tional de transport, il est clair qu'elle reste encore un mythe avec le paradoxe frappant de l’existence d'un réseau hydrographique exceptionnel et d’un potentiel enviable. Ce retard contraste fortement avec ce qui se passe ailleurs. La République démocratique du Congo, le Congo-Brazza, le Mali, etc. ont fait de leurs voies navigables de véritables autoroutes fluviales qui trans- portent les personnes et les biens. Là-bas certaines embarcations peuvent transporter jusqu’à 100 voire 300 personnes, des navires plus grands atteignent une capacité de 700 personnes. En termes de fret, la capacité varie entre une et deux mille tonnes. Pour cette charge maximale, il faut entre 50 et 80 camions s’il fallait acheminer les charges par voie terrestre. Ce cliché souligne à suffisance l’impérative nécessité pour le Cameroun de développer son réseau. Car en transférant une partie du fret vers les fleuves, on réduirait considérablement la pression exercée sur les routes. Le transport fluvial est reconnu partout dans le monde comme le mode de transport le plus économique pour les marchandises lour...
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