« Le défi est de générer de la valeur ajoutée »

Yvette Doume épse Banlog, promotrice du festival international du manioc et présidente de l’interprofession manioc du Cameroun.

Vous venez d’organiser la troisième édi­ tion du festival international du manioc. Quelle est la logique qui sous-tend vos activités ? Le programme All Kassava porté par l’ONG Femmes action et développement économique au Cameroun (Fadec) entend dépasser le cadre d’un simple évènement festif pour de­ venir un instrument de promotion, de struc­ turation et de valorisation de l’économie du manioc. A travers des rencontres profes­ sionnelles, des formations, des espaces d’ex­ position, des rencontres B to B et rencontres Campus-Industries. All Kassava entend rap­ procher les producteurs, les transformateurs et les équipementiers, les investisseurs, les chercheurs et les jeunes. Le fait est que les producteurs et les transformateurs veulent passer de la survie à l’industrialisation. L’idée est de faire du manioc un mouvement éco­ nomique. Le manioc ne doit plus être considéré comme une culture vivrière, mais comme une vérifiable richesse économique et industrielle pour le Cameroun. Quels sont les attentes spécifiques des producteurs et transformateurs ? Nous ne voulons plus de promesses supplé­ mentaires. Les producteurs et transformateurs attendent des mesures concrètes, cohérentes et durables qui leur permettront de produire, de transformer et de commercialiser dans les conditions économiquement viables. Les priorités des acteurs de la filière manioc tour­ nent autour de l’opérationnalisation de l’In­ terprofession manioc du Cameroun (IPMAC). Elle nécessite l’installation et la mise en fonc­ tionnement des organes, la mise en place du dispositif administratif, technique et opéra­ tionnel. Il faut également faire une cartogra­ phie des acteurs, à travers la réalisation d’un diagnostic participatif, le recensement des acteurs dans les 10 régions pour constituer une base de données nationale. Sans oublier la mise en place d’un complexe de transfor­ mation du manioc, qui intègre la création d’un écosystème avec les campus (espace d’innovation, de recherche appliquée, d’ex­ périmentation et d’incubation) et les centres de formation. Enfin, la modernisation de la production doit pouvoir suivre. A ce niveau, il est important de faciliter l’accès aux équi­ pements pour une mécanisation effective, d’assurer la formation et l’encadrement des acteurs, de renforcer les organisations pay­ sannes, de faciliter l’accès aux financements. L’accompagnement est tout aussi nécessaire, pour accéder aux normes de qualité et aux marchés nationaux et internationaux. Ainsi que l’encadrement des équipementiers locaux. Comment parler d’industrialisation locale si les fabricants nationaux de machines agricoles et agroalimentaires ne bénéficient pas d’un véritable accompagnement dans les com­ mandes publiques ? Venons-en à l’interprofession. Quel est le niveau de réalisation des activités à date ? L’interprofession a été créée en juillet dernier. Donc, elle est encore très jeune. Nous avons environ 120 organisations à la création, dont certaines ont jusqu’à 120 membres. Seule­ ment, elle est en activité dans quatre régions : le Centre, le Sud, l’Est et le Littoral. Après le festival All Kassava co-organisé avec Fadec, nous allons reprendre la sensibilisation. Notre ambition est de couvrir l’étendue du territoire national et d’être installée dans les 10 régions d’ici fin 2027. L’opérationnalisation de l’in­ terprofession nécessite l’installation et la mise en fonctionnement des organes, la mise en place du dispositif administratif, technique et opérationnel. Le budget du plan d’action triennal pour la période 2027-2030 s’élève à cinq milliards de F. Dès lors, comment relever les dividendes de la filière ? Le véri...

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