Occupation de la voie publique: Les garages font désordre

Plusieurs ruelles de Yaoundé sont transformées en espaces où motos et voitures s’alignent au détriment des habitants exaspérés.

C e matin du mercredi 4 novembre, im­ possible de se frayer un chemin au quartier Mvog-Ada à Yaoundé, précisé­ ment au lieudit « Casse ». Les ruelles ont cédé la place à des garages de fortune. Mo­ tos-taxis, voitures, carcasses en attente de réparation… Tout s’entasse dans le désordre. Ici, on ne cherche pas un garage bien établi avec enseigne et facture. Les automobilistes victimes de panne veulent juste régler le problème, vite et pas cher. Le mécanicien du coin, clés en main, démonte, soude, bricole à même le bitume. Le client attend, adossé à un mur. La rue est devenue un atelier. Conséquence directe : les maisons n’ont plus de cour, ni d’espace pour garer. Tout est oc­ cupé par les garagistes. Les habitants doivent slalomer entre véhicules sur cales, pneus usés et moteurs éventrés. Au milieu de ce chaos, Collins Mbe, fabricant de chaussures à la « Casse » de Mvog-Ada, ne décolère pas. Pour lui, le lieu est devenu infernal, entre les bouchons et vols de pièces... « Moi, je suis obligé de garer en face de ma boutique parce qu’il y a deux semaines, on m’a volé les clignotants de ma voiture. C’est une situation difficile », souffle-t-il. Et le phénomène s’organise, sous ses yeux. « Avant, on garait d’un seul côté de la route. Mais du jour au lendemain, le stationnement s’est fait des deux côtés. Et il y a même un président de ces groupes. Ils paient pour exercer là », explique-t-il. Un président, des cotisations, un territoire découpé. Les garages sauvages ne sont plus de simples dépannages improvisés, mais un système qui s’installe. À la Briqueterie, le décor est le même. Dans les ruelles étroites du quartier, les garagistes ont pris possession de chaque reco...

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