Calebasses, amour et préjugés

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La première œuvre de théâtre de Pabe Mongo mise en scène le 3 avril dernier à Yaoundé par Ambroise Mbia.

Retour nostalgique sur les bancs du lycée. « La guerre des calebasses », pièce adaptée de l’œuvre théâtrale de Pabe Mongo, a réveillé des souvenirs et fait souffler une brise de campagne sur le Centre culturel camerounais (CCC) de Yaoundé. C’était le 3 avril dernier, au cours de la Journée internationale du théâtre.

Le triangle amoureux formé par Bidja, Messina et Myriam se trouve être l’épicentre du tout premier texte de Pabe Mongo. La mise en scène pour l’occasion est signée d’un autre monstre sacré du théâtre camerounais, Ambroise Mbia. Publiée en 1972, cette œuvre évoque un problème éternel : Le mariage entre deux personnes d’origines différentes.

L’auteur a déclaré au moment de la représentation que « Cette œuvre est d’une autre époque, mais je suis très étonné de son actualité. Etant étudiant, j’avais déjà mesuré la portée de cette problématique de l’entente entre les peuples ».

Bidja (Stéphane Tchonang), jeune et fringant fonctionnaire, « sauveur » de sa famille, revient de la ville avec une… surprise. Mauvaise pour la mère du jeune homme et mortelle pour tout le village Mapa. Car Myriam est une Malu. Synonyme d’union impossible, de grand malheur pour toute la communauté Mapa.

Ambroise Mbia se penche sur cette œuvre théâtrale avec le registre de la tragi-comédie, pour rendre vivante et inoubliable cette controverse soulevée avec humour sur certaines séquences. Il engage ainsi une lecture drôle et fine des mariages interethniques. Il révèle aussi comment les préjugés nourris par des parents et des notables se dressent comme des barrières à l’amour et à l’épanouissement d’une jeunesse ignorante des us et coutumes.

Dans cette lutte des sentiments, la mère de Bidja, incarnée de façon magistrale par l’expérimentée Doualla Toto Marthe, met son grain de sel. Non. Elle y va plutôt de toute la salière, pour mettre hors course Myriam la Malu (Gladys Ndibabeu) ; Principal obstacle au bonheur de Messina la Mapa (Ornella Ngongang), celle qu’elle a promise à son fils.

Les calebasses s’en mêlent, un peu de spiritisme, de sang et de mort aussi. Pour ceux qui ont loupé la pièce au CCC et sa diffusion sur la télévision nationale dans le cadre du programme «Théâtralement vôtre », ils peuvent avoir le fin mot de l’histoire en revisitant par écrit « La guerre des calebasses » de Pabe Mongo.

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