« Nous restons vigilants »

 Raymond Roksbo, Préfet du Mayo-Sava.

Monsieur le préfet, on observe un retour à la paix dans le Mayo-Sava. Peut-on conclure que vous dormez désormais sur vos deux oreilles ?

Je ne dirais pas que je dors sur mes deux oreilles parce qu’en matière de sécurité nous sommes toujours méfiants. C’est vrai que la situation sécuritaire s’est maintenant améliorée, grâce à un certain nombre de mesures qui ont été prises depuis notre prise de commandement en juillet, ceci en collaboration avec les forces de défense et de sécurité. Nous avons fait des tranchées au niveau de toute la frontière pour minimiser les mouvements des membres de Boko Haram et des kamikazes. Nous avons pris une batterie de mesures et avec le dynamisme des comités de vigilance, la situation est actuellement sous contrôle. Nous avons réouvert certaines écoles notamment dans la ville de Kolofata. L’administration qui s’était délocalisée au niveau de Mora est rentrée. Le sous-préfet de Kolofata est aussi rentré et une bonne partie de nos populations déplacées est en train de rentrer dans leurs localités respectives. Nous travaillons aussi avec les autorités nigérianes avec lesquelles nous avons eu plusieurs réunions de concertation pour la réouverture prochaine du corridor Mora-Banki.

Comment appréciez-vous le rôle de la Force multinationale mixte dans ce retour de la paix à Mora et dans le Mayo-Sava en général ?

La Force multinationale mixte, aux côtés de toutes les autres forces est d’un très grand apport. Officiellement, elle est chargée de la sécurisation de la nationale N°1 ; c’est-à-dire, Maroua-Kousseri. Mais au-delà de cette mission, elle appuie nos autres forces dans le domaine de la sécurité. C’est avec beaucoup de satisfaction que nous pouvons dire que nous avons une très bonne collaboration avec cette force multinationale qui est là au niveau de Mora. Les forces de défense et de sécurité travaillent en parfaite symbiose avec nos comités de vigilance et ces derniers ont fait leurs preuves ; parce que c’est eux qui connaissent le terrain. Ce sont des fils du terroir et avec cette franche collaboration, ils ont appuyé nos forces de défense et de sécurité dans la sécurisation de notre frontière et du département dans son ensemble.

Ces forces interviennent-elles dans des domaines autres que ceux militaires ?

Absolument ! Les forces de défense, non seulement luttent contre Boko Haram, mais dans le cadre des opérations civilo-militaires, elles ont contribué au bien-être de la population, notamment sur le domaine de la santé. Elles mènent régulièrement des campagnes de santé au niveau de la population. La Force multinationale mixte, dans le domaine de la santé a créé aux côtés du district de santé, un cabinet de santé qui aide la population. Elle a aidé à réhabiliter l’école publique du camp militaire de Mora et certaines écoles dans la localité.  Le BIR également a fait la même chose, en réfectionnant les salles de classes, en les équipant de tables blancs dans l’école publique Dérou. Cette semaine, il y a une vaste campagne de trois jours, le jeudi, le vendredi et le samedi 26 mai niveau de Kolofata, dans le cadre de la campagne de vaccination et de consultation. C’est une symbiose et c’est le concept armée-Nation qui est mis en valeur par les forces de défense et les populations.

Quel mot d’encouragement pouvez-vous dire à vos populations ?

Certes la paix est en train de revenir mais nous devons rester vigilants, consolider les acquis sécuritaires est également, penser au développement. C’est pour cela que j’invite les uns et les autres à se mettre au travail. C’est vrai que pendant plusieurs années ils ont été assistés par l’ensemble des Camerounais et par nos partenaires au développement, mais nous les invitons à se mettre déjà au travail pour contribuer au développement de la localité et par ricochet à celui du pays. Nos discussions sont avancées pour la réouverture du corridor. Il reste à faire une évaluation avec tous les responsables de sécurité, pour voir dans les jours qui viennent comment la frontière avec le Nigéria sera réouverte, pour permettre aux populations de retrouver leurs activités commerciales entre le Cameroun et la Nigeria. 
 

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie