En guise de consolation !

Le premier match des Lionnes indomptables dans cette coupe du monde était très attendu. Surtout après les lourdes défaites enregistrées par les deux autres sélections africaines lors de leur entrée en matière. Même si le cœur semblait parler plus que la raison au regard du fossé qui sépare les équipes du Canada et du Cameroun au récent classement mondial de la Fifa (5è contre 46è), des fervents supporters habités par le syndrome de 1990 en Italie espéraient un exploit retentissant.

Il n'a pas eu lieu, mais il s’en est fallu de peu pour déboucher sur un résultat de parité qui aurait eu le mérite de booster le moral des nôtres avant la prochaine confrontation. Christine Manie et ses coéquipières ont certes fait preuve de beaucoup de courage et de détermination en repoussant systématiquement les vagues offensives incessantes qui déferlaient dans leur camp, menaçant à tout moment de tout submerger. Comme le roseau de la fable, elles ont plié sans rompre et n’eût été cette erreur de communication au niveau de la défense, la suite des évènements aurait été toute autre.

Il n’en demeure pas moins que la physionomie globale de la rencontre a mis en exergue des nombreuses lacunes que les futures adversaires pourraient bien exploiter. On peut comprendre le souci du coach Alain Djeumfa de contenir la fougue d’un adversaire pressé de trancher les débats au plus vite. La décision de lui laisser l’initiative du jeu et d’ériger un mur dans les bases arrière a certes permis d’obtenir un résultat étriqué tout à l’avantage de ses pouliches.

Même si la prudence n’est pas mauvaise en soi, on peut tout de même questionner l’efficacité du système de jeu mis en place, avec des lignes très étirées, un milieu de terrain peu créatif et une pointe d’attaque isolée, sans soutien et peu lucide dans le dernier geste. Pour certains observateurs, l’option défensive peut se justifier au regard de certaines lacunes physiques et techniques. Mais la domination outrageuse du Canada (74 % de possession de balle) amène à s’interroger sur la finalité d’un match à un tel niveau.

Au-delà des problèmes d’arbitrage, les manquements constatés sont peutêtre à rechercher du côté physique et mental. A voir leur réaction en seconde manche, on a comme l’impression que les Lionnes ont pris conscience du fait d’avoir trop respecté un adversaire pourtant à leur portée. La faute à une tactique ultra-défensive qui n’aura pas permis la fluidité dans le jeu et la précision dans la transmission du ballon. Visiblement fébriles et empruntées, les Camerounaises n’ont pas joué sur leur vraie valeur. A aucun moment, elles n’ont réussi à faire peser leur impact sur le jeu face à des Canadiennes plus alertes et entreprenantes balle au pied. Cette difficulté à imposer son rythme et sa masse athlétique pose évidemment le problème de la préparation physique d’avant-match que l’encadrement technique connait bien et doit s’atteler à résoudre avant la deuxième sortie face aux Pays-Bas. Malgré cette chute d’entrée, les Lionnes peuvent tout de même se satisfaire d’avoir enregistré jusqu’ici le meilleur résultat africain dans cette coupe du monde.

A elles deux, les équipes du Nigeria et d’Afrique du Sud, pourtant finalistes de la CAN féminine 2018 au Ghana, ont encaissé la bagatelle de six buts au cours de leur premier match. Peuton se satisfaire pour autant de ce migre lot de consolation ? Tout dépend de l’état d’esprit. Du moment où on va à une compétition planétaire pour remporter des victoires et non pour limiter les dégâts ou faire bonne figure, la stratégie à déployer n’est plus la même.

Plusieurs observateurs sont d’avis que les filles ont été globalement à la hauteur mais il leur a manqué ce petit quelque chose qui permet de faire la différence dans une compétition de haut niveau. Espérons que les quatre jours qui les séparent du prochain match seront mis à profit pour tirer les leçons de la défaite et procéder aux réajustements nécessaires.

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