Hévéa : on peut en tirer plus

Une formation organisée par le Centre régional du Minresi pour améliorer le rendement de la spéculation dans le Littoral.

125 tonnes. C’est le chiffre de la production de caoutchouc naturel à partir de l’hévéaculture paysanne dans la région du Littoral pour 2018. Contre une production nationale estimée à 50 000 tonnes. Un chiffre faible lié à plusieurs facteurs : vétusté des arbres ; mauvaise qualité des saignées ; et problème N°1, faible accès au matériel végétal de qualité, notamment les clones haut-producteurs à la base des exploitations agricoles paysannes, etc. Un constat sur la base duquel la recherche a décidé de voler au secours de l’agriculture dans le Littoral, avec le projet de renforcement des capacités des pépiniéristes et exploitants hévéicoles dans la région. Une initiative du Centre régional de la Recherche scientifique et de l’Innovation (CRRI-LT), dont l’une des étapes, un atelier à l’adresse d’une vingtaine d’organisations paysannes, d’opérateurs producteurs de pépinières d’hévéa et de caoutchouc naturel, s’est tenue les 16 et 17 juillet 2019. 
Pour le Dr Lucien Etamè Sonè, le chef de centre, « il s’agit de permettre aux organisations paysannes de la région du Littoral l’acquisition des connaissances pratiques de production des plants d’hévéa vigoureux adaptés au contexte paysan, de s’approprier des techniques innovantes dans la pratique de greffage des plants d’hévéa pour la production des clones qui permettent d’obtenir des plantations performantes. » L’ambition principale du projet est d’augmenter de 30% la production des pépinières d’hévéa et de caoutchouc dans le Littoral afin d’accroitre les revenus des paysans d’ici 5 ans.
Cette volonté d’améliorer les conditions de vie de cette catégorie peut avoir des bénéfices à plus grande échelle, comme l’explique Roger Dicka, ingénieur d’agriculture et formateur : « En Côte d’Ivoire, la production paysanne d’hévéa est de 83%. Ce qui fait que, quand il y a retombée financière sur le marché mondial, tout de suite, ça se ressent sur l’économie nationale. Contrairement au Cameroun où la production paysanne, après les évaluations de 2018 que nous avons faites, représente moins de 10%. En 2018, la Côte d’Ivoire avait produit 600 000 tonnes. Nous on a eu de la peine à atteindre 60 000 tonnes. Vous voyez donc la marge de progression que nous avons. »
Une marge de progression qui, de l’avis du secrétaire général de la région du Littoral, Thierry Kin-Nou Nana, a besoin de la science : « L’horizon Cameroun pays émergent en 2035 ne saurait être atteint sans l’implication de la communauté scientifique et l’apport des protocoles de recherche innovants, véritable levier du progrès social et de la croissance économique. »
 

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