L’appel aux partenaires du Cameroun

Le message présidentiel invitant toutes les composantes du pays à un Grand dialogue national a pour premiers destinataires les Camerounais, de l’intérieur comme de l’extérieur, principaux acteurs et interlocuteurs du débat annoncé. Mais le Cameroun n’étant pas une entité isolée dans un monde de plus en plus globalisé, Paul Biya a voulu, au-delà de ses compatriotes, passer un message à l’opinion internationale et plus précisément à certains de nos partenaires au développement. Car si la situation qui prévaut dans les régions du Nord-Ouest et du Sud- Ouest est d’abord la résultante d’une crise interne, elle n’en comporte pas moins des ramifications et collusions plus ou moins évidentes en dehors de nos frontières.

A s’en tenir à certaines informations qui circulent via les réseaux sociaux par exemple, on est bien en droit de s’interroger sur l’implication grandissante de certains acteurs dont les prises de position renseignent suffisamment sur leur perception des convulsions en cours et sur la manière d’y faire face.

Il n’échappe à personne que depuis le déclenchement des affrontements meurtriers dans les régions du Nord-Ouest et du Sud- Ouest, plusieurs propositions et suggestions ont été faites, en interne comme à l’international, par des personnes de bonne foi, mais aussi par des pays ou des organisations. Globalement, on peut constater deux attitudes. Dans le cadre de l’aide humanitaire, plusieurs partenaires vraiment soucieux du devenir du pays et du bien-être des populations, ont fait des dons, en espèces ou en nature, qui ont permis de voler au secours des régions sinistrées et des nombreux déplacés internes. Ces multiples gestes de coeur qui sont autant de témoignages d’amitié ont été salués à leur juste valeur par le président Biya qui a ainsi transmis à ces pays amis la reconnaissance du peuple camerounais.

Si le fait pour certains pays de s’intéresser de plus près à la situation actuelle peut s’apparenter à une marque d’affection, il faut toutefois avoir le sens de la mesure. Oui donc aux propositions et appuis divers. A condition de respecter les usages diplomatiques en la matière ou d’éviter des postures partisanes qui pourraient se révéler contraires aux objectifs recherchés par le dialogue qui vient d’être instauré.

Face à certaines attitudes qui s’apparentent à des « injonctions », le chef de l’Etat reste convaincu d’une chose : les initiatives en vue d’un retour durable à la paix pourraient être mises à mal par le jeu trouble des leaders autoproclamés et autres promoteurs de la haine et de la violence, confortablement installés dans des pays étrangers, et qui continuent à jeter de l’huile sur le feu. D’où le vibrant appel lancé en direction de tous les pays qui abritent ces extrémistes afin qu’ils se montrent plus coopératifs en asséchant les sources de financement de la rébellion. Car on ne saurait prétendre se soucier du sort déplorable des populations des régions en crise tout en fermant les yeux sur certaines pratiques répréhensibles. Autant il convient de saluer l’aide apportée jusqu’ici par des pays amis, autant il faut déplorer l’impunité que certains membres de la communauté internationale continuent à accorder aux criminels de tous bords. Dans la mouvance du grand dialogue national, le Cameroun a besoin de l’accompagnement sincère des partenaires au développement.

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