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« Guerre commerciale », « protectionnisme », « multilatéralisme ». Trois concepts qui sont revenus dans le discours du président de la République hier lorsqu’il répondait aux vœux du corps diplomatique. Passant en revue l’actualité internationale au cours des douze derniers mois, Paul Biya a brossé à grands traits les problèmes qui menacent les relations entre les Etats et qui ont pour dénominateur commun une mondialisation mal ou peu maîtrisée. Si l’on peut s’accorder à dire que la mondialisation a dynamisé le commerce international et brisé certaines barrières commerciales, force est de constater qu’elle génère de plus en plus des inégalités et de la pauvreté dans une bonne partie du monde. C’est un truisme de le dire : la mondialisation dans sa dimension actuelle ne permet pas aux pays en voie de développement de prendre leur envol ou de parvenir à leur émergence. En porte-parole des pays qui aspirent à l’émergence, Paul Biya pose le diagnostic  et propose la tenue d’une conférence internationale au plus haut « niveau pour  jeter les bases de « l’acte II de la mondialisation ». En d’autres termes, il prône « une mondialisation qui mette l’homme et son environnement au cœur de toute activité économique ».
Hier, on a vu le chef de l’Etat préoccupé par la guerre commerciale qui paralyse le commerce international.  La bataille commerciale qui sévit actuellement entre les deux plus grandes puissances que sont la Chine et les Etats-Unis déstabilise l’économie mondiale et fait le lit du protectionnisme.  Face à cette escalade économique, Paul Biya s’interroge : « Le monde peut-il continuer à évoluer dans un contexte de guerre commerciale, de méfiance entre les Etats, d’incompréhension entre gouvernants et gouvernés ? ». En homme avisé, Paul Biya interpelle la communauté internationale  pour trouver au plus vite une solution afin de limiter les dégâts.  D’après les analyses des institutions financières internationales, cette surenchère fait craindre une réduction de l’investissement des entreprises, une perturbation des chaînes d’approvisionnement et un ralentissement de la croissance et de la productivité.
In fine, Paul Biya prône un retour aux principes originels des Nations unies. Il n’est pas superflu de rappeler qu’à sa création, l’Onu avait pour finalité la paix collective. Hélas, nous assistons depuis quelques années, à l’érosion de ce système de sécurité collective. Il s’inquiète, dit-il, du « risque de plus en plus manifeste, de remise en question du multilatéralisme qui a permis, jusqu’ici, à la communauté humaine de ne plus connaître de conflit à l’échelle mondiale. Cette remise en question s’accompagne malheureusement de la mise en place, dans certains pays, de gouvernements populistes qui privilégient des solutions nationales là où les problèmes sont globaux et communs ». 
Paul Biya sonne donc la charge contre cet unilatéralisme qui constitue une menace sérieuse à la paix mondiale. Il l’avait déjà fait il y a trois ans, à la 72e Assemblée générale de l’Onu. Il l’a réitéré en septembre 2018 lors du Sommet du Forum de Coopération Chine-Afrique dans la capitale chinoise. 
Hier, devant le gotha diplomatique accrédité au Cameroun, il s’est encore présenté comme un « mendiant de la paix ». En affichant sa très grande inquiétude pour la fragmentation du multilatéralisme qui caractérise les relations internationales depuis quelques années. Pour lui, les Nations unies doivent rester l’épicentre de la paix dans le monde. Le disant, le chef de l’Etat camerounais réaffirme aussi l’option de la diplomatie camerounaise marquée par son ouverture à tous les Etats de bonne volonté, soucieux de l’accompagner dans sa marche vers l’émergence.

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