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La pratique de la politique à repenser


« Nous ne reviendrons pas à la « vie d’avant ». La pandémie a déjà ‎changé notre façon de vivre. Pour nous adapter à cette « vie nouvelle ‎‎», il faut notamment trouver des moyens de vivre en toute sécurité », déclarait le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, lors du point de presse sur la Covid-19 le 23 juillet 2020. Comment donc faire désormais de la politique en respectant les mesures-barrières préconisées pour assurer la sécurité des différents acteurs ?                                                                                                                                                         Jusque-là, l’arène politique était faite de meetings en plein air ou dans des salles. Ces rassemblements se terminaient très souvent par des marches de soutien au cours desquelles les uns et les autres se tenaient parfois la main pour afficher leur unité. Bref, on était très proches les uns des autres dans une ambiance festive. Quant aux inscriptions sur les listes électorales, elles obligent encore le prétendant à une carte électorale à se déplacer pour se faire enregistrer. Ce qui suppose le prélèvement des empreintes digitales. Quand vient le jour du vote, l’électeur est également obligé de se présenter pour accomplir son devoir civique.                                                  Dans « la vie nouvelle » qui se profile, la politique devra se faire autrement, en évitant les grands rassemblements et toutes les autres opérations susceptibles de générer des contacts physiques potentiellement dangereux. Car des flambées épidémiques ont maintes fois été observées sur des lieux où des foules se sont constituées. Tout comme il faut éviter les contacts rapprochés et maintenir une distance d’au moins un mètre avec les autres personnes. Pourquoi ? Parce que, d’après les épidémiologistes,  lorsqu’une personne infectée par un virus respiratoire comme la Covid-19 tousse ou éternue, elle projette dans l’air de petites gouttelettes (postillons) contenant le virus. Si d’aventure vous êtes trop près, vous pouvez inhaler le virus et être ainsi contaminé. Il est aussi recommandé d’éviter de toucher les surfaces communes non désinfectées, comme cela peut arriver au moment de se faire prendre les empreintes digitales pendant les inscriptions ou le jour du vote. Les mains étant régulièrement en contact avec de nombreuses surfaces qui peuvent être contaminées par le virus, si vous vous touchez ensuite les yeux, le nez ou la bouche, vous risquez d’être en contact avec le virus présent sur ces surfaces.                                                                                                                                                         On le voit, repenser la pratique de la politique s’impose à l’ère du nouveau coronavirus. L’enjeu est de prendre des dispositions afin que les vieilles habitudes ne deviennent pas des sources de contamination. Les nouveaux modes opératoires peuvent ainsi intégrer l’utilisation systématique des réseaux sociaux par les responsables des formations politiques pour diffuser des messages, mobiliser et échanger des informations avec leurs partisans ; l’usage des équipements permettant la tenue des vidéoconférences pour des réunions auxquelles participent des personnes se trouvant dans des localités différentes ; l’entrée en scène du vote électronique qui pour le moment est l’apanage des pays développés ; les inscriptions en ligne sur les listes électorales avec la possibilité d’imprimer soi-même son bulletin de vote électronique, etc. Pour que tout ceci devienne réalité, il faut sans doute revoir certains aspects de l’environnement juridique régissant la vie politique au Cameroun à l’instar du Code électoral. Sinon, la distance ou la défiance que certains électeurs manifestent déjà à l’adresse des institutions politiques risque de s’accroître davantage. Et cela ne ferait que ralentir notre démocratie en construction.
 


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