Poésie : un Camerounais reçoit le Prix D’Almeida

Jean-Claude Awono, écrivain et éditeur, s’est récemment vu décerner cette prestigieuse distinction internationale pour l’ensemble de son œuvre.


Il était le choix unanime du jury. Jean-Claude Awono, écrivain, poète et éditeur camerounais, a reçu le 9 septembre dernier, le Prix international de poésie Fernando D’Almeida. C’est la deuxième fois qu’il se voit attribuer cette reconnaissance. Cette distinction décernée à la mémoire du célèbre poète béninois et camerounais disparu en 2015, est attribué à un poète africain francophone résidant en Afrique, ayant publié minimalement trois recueils de poésie chez des éditeurs reconnus, ayant motivé et soutenu par ses conseils et ses interventions la relève de cet art littéraire en Afrique francophone. 
D’après un communiqué de la 36e édition de ce festival basé à Trois-Rivières au Québec, Jean-Claude Awono a été choisi selon plusieurs critères, entre autres ses nombreux ouvrages, notamment des recueils de poésie, des anthologies, sa participations à des revues collectives. Egalement cités, sa présence dans de nombreux jurys, ses activités d’édition à la présidence de la maison Ifrikiya, son soutien à plus de 50 jeunes poètes dont il a préfacé les œuvres et/ou encouragé la parution et la diffusion, la création du Festi7 de Yaoundé, sans oublier : « Sa garde attentive auprès de la jeune poésie de son pays. » Le détenteur du Prix Fernando D’Almeida 2020, à la tête des Editions Ifrikiya, s’est confié sur son engagement mené pour la promotion de la poésie camerounaise et africaine de manière générale, ceci par le biais de sa plateforme La Ronde des Poètes, entre autres actions. 
 

Vous venez de recevoir le Prix international de poésie Fernando D'Almeida 2020. Que représente une telle reconnaissance pour vous ?
Ce prix représente beaucoup pour moi. Il vient ajouter sa pierre à une reconnaissance internationale marquée par le Prix Bretagne-Réunie remporté en France en 2011 et le Prix David Diop que la prestigieuse Association des Ecrivains du Sénégal m’a décerné en 2019. Je vois à travers tout cela la récompense d’un travail et d’un engagement soutenus qui remontent aux années 1996, date de création de La Ronde des Poètes. Lorsqu’on a été de tous les combats (animation, ateliers, clubs de poésie, édition, festivals, réflexion…) qui portent et enrichissent une cause, il faut bien que ce qui en résulte comme fruits réjouissent le cœur et l’esprit. Et puis, recevoir un prix qui porte le nom de D’Almeida, c’est incarner ce qu’il y a de plus profond et de plus grand en Afrique en matière de poésie. 
La poésie est un genre littéraire particulier, mais malgré tout, encore difficilement approprié de manière populaire. Comment, à travers La Ronde des poètes, vous vous appliquez à promouvoir la poésie camerounaise ?
On a presque toujours tendance à mettre la poésie dans des catégories fermées. Si son propre est de tirer de l’homme ce qu’il y a de supérieur en lui sur le plan de la vie de l’esprit et de l’élever par conséquent, la poésie n’est pas moins une affaire populaire. Qui résiste à la beauté que diffuse ce qui est proprement poétique ? Personne, à ma connaissance. Le beau est, de tous les outils de transformation intérieure de l’être, ce qu’il y a d’incomparable, d’irrésistible. A travers la Ronde des Poètes, malgré un monde gagné par la vitesse, les bruits, la distraction et la défiguration humaine, nous continuons de cultiver le beau. Le Festival international de Poésie des Sept Collines de Yaoundé aura lieu cette année au mois de décembre. En attendant, nous mobilisons les poètes dans le cadre de concours d’écriture, de plateformes numériques ; nous les encourageons à publier leurs œuvres, à ne pas se taire… 
De nombreux artistes de renommée nationale et internationale comme Major Asse ou Valery Ndongo y ont fait leurs premiers pas. Comment ce mouvement culturel a-t-il aidé à changer la vision de la poésie auprès des plus sceptiques ?
La Ronde des Poètes est, on pourrait dire, héritière de l’Association des Poètes et Ecrivains Camerounais qui a traversé vingt-cinq ans de silence avant de reprendre vie récemment. Le rôle des pionniers avait été de contribuer à la libération du pays et des mentalités gangrenés par les pesanteurs esclavagistes et coloniales sur l’Afrique. Nous arrivons presqu’au début des années 2000 avec, en face de nous, un pays « indépendant » qui se fait face, se gouverne ; et ses enfants que nous sommes qui sont criblés...

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