Redressement pour la prospérité

C’est peu de dire que les économies de l’Afrique centrale sont plongées depuis quelque temps dans une zone de turbulences caractérisée par un ralentissement drastique de la croissance. Ce qui impacte négativement le combat acharné des Etats de la région contre la pauvreté en vue d’une amélioration conséquente des conditions de vie des populations. Les indicateurs s’avèrent suffisamment préoccupants pour justifier la tenue ce jour à Yaoundé d’un sommet extraordinaire de l’organisation sous-régionale. L’objectif recherché étant de parvenir, à plus ou moins brève échéance, à un redressement d’une situation devenue pour le moins inconfortable.
A l’origine de la morosité ambiante, une conjonction de facteurs défavorables et fortement handicapants. Avec, en tête, une menace terroriste persistante du fait principalement des exactions de la secte Boko Haram. Conscients que le développement ne peut se concevoir sans paix ni sécurité, les Etats impliqués dans la guerre contre cette nébuleuse ont été contraints d’engager des ressources colossales afin de garantir sur leurs territoires respectifs une libre circulation des hommes et des biens. Cela n’est pas allé sans conséquences fâcheuses sur des secteurs aussi névralgiques que l’éducation, la santé, les infrastructures et équipements sociaux de base.
Autre contrainte exogène tout aussi oppressante : l’effondrement continu des cours des matières premières, notamment ceux de l’or noir produit par cinq des six pays de l’organisation. Il en résulte une chute drastique des recettes pétrolières. Un état de choses dont l’incidence négative se fait durement ressentir dans la mobilisation des ressources budgétaires indispensables au financement du développement. D’autant plus intensément que les économies de la sous-région en général pâtissent d’une diversification relativement insignifiante.
A ces premiers facteurs, s’ajoute une forte extraversion des économies de l’Afrique centrale tournées vers des zones elles-mêmes fragilisées par un resserrement de la politique monétaire américaine et de nombreuses incertitudes liées à la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne et du tassement de la croissance dans nombre de pays émergents. Illustration patente de cette évolution erratique, le commerce intra-communauté représente à peine 2 % de l’ensemble des échanges de la CEMAC. La faute au maintien de barrières en tous genres entre les Etats qui avancent trop timidement sur la voie d’une véritable intégration. Une démarche étonnamment suicidaire au regard des enjeux qu’impose un contexte de mondialisation effrénée.
Au total, ni l’abaissement du taux directeur opéré par la Banque centrale (BEAC), ni l’augmentation des avances de l’institution en faveur des trésors nationaux, n’ont pu empêcher l’effondrement des réserves internationales des pays concernés. A telle enseigne que les réserves disponibles sont à peine suffisantes pour couvrir trois mois d’importations de biens et services, c’est-à-dire bien en deçà des cinq mois qui représentent la norme admise en la matière.
A défaut d’avoir pu ou su éviter une évolution si peu flatteuse, les dirigeants de la CEMAC auront certainement à cœur à Yaoundé de retrouver le chemin de la performance. A travers des mesures hardies de redressement susceptibles d’impulser un nouvel élan, une vitalité plus engageante afin de lever les obstacles, de consolider les acquis, de redonner espoir aux populations de la sous-région, qui aspirent légitimement à la prospérité, à des lendemains qui chantent.

 

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