« Cette opération s’inscrit dans la continuité »

Cyrill Edou Alo’o, Directeur général du Budget.

M. le Directeur général, quelle était la nécessité de réajuster le budget à ce moment précis ? 


Read also : Construction de la Ring Road : de nouveaux financements disponibles

Le réajustement de la loi de finances initiale est notamment guidé par la nécessité de prendre en compte : la hausse non-anticipée des prix mondiaux des produits pétroliers. La loi de finances initiale a été élaborée sur la base d’un prix moyen du baril de pétrole projeté à 43,8 dollars américains et à ce jour le prix moyen envisagé pour 2021 est de 58,5 dollars, il faut tenir compte de cet écart. Il y a aussi la vaccination contre le Covid-19. Lors de l’élaboration et même de l’adoption de la loi de finances initiale en décembre 2021, les perspectives de production de vaccins fiables étaient lointaines même dans les pays occidentaux, raison pour laquelle leur acquisition et leur administration aux populations n’avaient pas été prévues dans la loi. Mais entre-temps la situation a évolué. Non seulement les vaccins sont disponibles, mais en plus de cela, les vagues répétitives de la maladie enregistrées de par le monde, mais aussi au Cameroun montrent que le Covid-19 pourrait encore perdurer et impacter durement les populations si rien n’est fait.


Read also : Agric Value Chain Devt Project : Head office Inaugurated

Deux ordonnances sur la même loi de finances en l’espace de quelques semaines. Comment peut-on expliquer cela ? 


Read also : Commerce extérieur : la Douane et la Ccima veilleront au grain

Le président de la République signe les ordonnances d’ajustement budgétaire pour résoudre les problèmes qui se posent à un moment donné de l’exercice. La première ordonnance, intervenue le 26 mai avait pour but d’apporter un gage légal aux marchés financiers et à tous les acteurs chargés d’accompagnent le Gouvernement dans l’opération de rachat des Eurobonds de 2015. Cette opération se déroule dans le respect d’un calendrier préétabli comportant des échéances qui s’imposent à tous les acteurs. Tandis que l’ordonnance du 07 juin, plus classique vient modifier la loi de finances initiale de manière plus prononcée. C’est vrai que l’on aurait pu concilier ces deux logiques dans une seule ordonnance, mais les autorités n’ont certainement pas voulu prendre de risques de retards avec les marchés financiers. Elles ont fait le choix de dissocier les deux processus dans deux ordonnances. En fait, la fréquence et le nombre d’ordonnances n’ont pas fondamentalement grande importance, l’essentiel étant l’atteinte des objectifs recherchés. Il convient de rappeler à ce sujet que depuis quelques années, on enregistre au moins un collectif budgétaire par loi de finances initiale. En 2018 par exemple nous en avons eu quatre.


Read also : Journée mondiale de la métrologie : la santé se mesure

L’enveloppe globale a augmenté d’un peu plus de 615,2 milliards de F. D’où viendra cet argent et à quoi va-t-il servir ? 


Read also : Accompagnement des Pme : la France et le Cameroun en connexion

Les ressources qui soutiennent cette augmentation proviennent d’une part des revenus du secteur pétrolier en raison du relèvement du cours du baril de pétrole et de l’accroissement du volume des tirages sur emprunts des organismes privés extérieurs (Eurobonds) d’autre part. 


Read also : Marché du riz : incompréhension autour des prix

Les nouvelles ressources seront orientées essentiellement pour le financement de la vaccination; le rachat d’une partie de l’euro bond souscrit en 2015, le remboursement de la dette intérieure et le soutien des prix du carburant à la pompe.


Read also : 42e Conférence de la FAO : le Cameroun préside les travaux

En analysant cette ordonnance, on se rend compte que l’enveloppe du compte d’affectation spéciale précisément le Fond de solidarité pour la lutte contre le coronavirus a été revue à la hausse. Pourquoi l’augmentation alors que la situation semble maîtrisée ? 


Read also : Agriculture durable : les sillons du dialogue multiproduits

En décembre 2020 on pensait également que la situation de la pandémie était maitrisée dans notre pays, mais le rebond observé en mars et avril a montré que ce n’était pas le cas, et que de nouvelles évolutions pouvaient nous surprendre. D’où la décision prise par les autorités d’aller vers la vaccination. Et il faut le dire la vaccination a un coût, en termes d’achat de vaccins, mais aussi de déploiement de la campagne de vaccination dans toute l’étendue du territoire national. Au-delà de la vaccination, il faut continuer à tester les populations (avant de les vacciner), à acquérir les médicaments et optimiser le plateau technique des formations sanitaires pour être suffisamment préparés si jamais la pandémie perdurait et prenait des tournures nouvelles.


Read also : Consolidation budgétaire et croissance inclusive : le nouvel appui de la Banque mondiale

Dans cette même répartition, on voit que certains postes de dépenses ont été revus à la hausse notamment le remboursement de la dette intérieure dont le montant a augmenté. Quel est l’objectif visé par ce type de réajustement ? 


Read also : Budget de l’Etat : les fruits du « dialogue de gestion »

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category