« Il faut augmenter les pouvoirs de la Commission nationale »

Dr Desmond Ngala, politologue, coordonnateur de Civic Watch Cameroon

L’année dernière, diverses actions ont été menées par différents acteurs pour lutter contre les discours de haine. Mais la réalité montre qu’il y a encore beaucoup de travail. Selon vous, pourquoi ce problème persiste ?
Le discours de haine persiste dans notre société pour diverses raisons. En partie à cause de l’absence de sanctions effectives et du faible respect des lois existantes. Le ministère public, les autorités administratives et les forces de l’ordre agissent souvent de manière passive, attendant des instructions au lieu d’être proactifs. Les manquements en matière de gouvernance créent parfois aussi un climat de frustration qui pousse certains citoyens à recourir au discours de haine comme moyen d’expression. Plus grave encore, ce phénomène est parfois entretenu par des personnalités politiques, administratives ou sociales influentes. Ce qui banalise ces pratiques et affaiblit la lutte.


La Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme annonce une intensification de ses activités cette année. Que proposez-vous pour que cette ambition connaisse du succès ?
Pour réussir son ambition, la Commission nationale devrait renforcer ses actions de terrain et collaborer davantage avec les acteurs locaux, notamment les organisations de la société civile. Il est également nécessaire d’augmenter ses pouvoirs en passant d’un rôle essentiellement consultatif à un rôle plus opérationnel. Actuellement, la Commission se limite à saisir le président de la République, ce qui ralentit souvent la prise de décision et l’intervention des services compétents. Elle devrait aussi formuler des recommandations fermes sur les sanctions, militer pour une amélioration du cadre juridique existant et abandonner les actions symboliques. À cet effet, un décret présidentiel serait indispensable pour redéfinir officiellement son rôle et élargir ses compétences.


Les organisations de la société civile, les médias et les partis politiques sont aussi parties prenantes dans la lutte. Sur quoi devraient-ils axer leurs interventions ?
Les partis politiques devraient élaborer et faire respecter des codes de conduite clairs afin d’encadrer les prises de parole publiques de leurs militants et de leurs leaders. Les médias, quant à eux, doivent dé...

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie