Production et transformation: Le cas du manioc

Les pouvoirs publics s’emploient à ce que cette filière à fort potentiel joue sa partition dans la promotion de l’import-substitution.

L a récente troisième édition du Festival international du manioc « All Kassava », du 29 octobre au 1er novembre derniers à Douala, a contribué à re­ penser l’approche pour faire du ma­ nioc une filière à fort potentiel de croissance. L’évènement a invité à regarder au-delà du champ, à dé­ passer la simple production agricole et à envisager le manioc dans toutes les dimensions économiques, indus­ trielles, alimentaires et commerciales, pour emprunter les termes du mi­ nistre de l’Agriculture et du Déve­ loppement rural (Minader), Gabriel Mbairobe. A l’heure actuelle, la pro­ duction est importante. Le ministère sectoriel (Minader) revendique une production annuelle avoisinant sept millions de tonnes, pour une filière employant plus de 350 000 produc­ teurs. La Stratégie de développement du secteur rural, couplée au Plan national d’investissement agricole 2020-2030 a même fixé des prévisions à la hausse, avec une production projetée à 10 millions de tonnes en 2030. Il est également attendu un accrois­ sement de rendement devant at­ teindre 20 tonnes par hectare à la même année. En perspective, le gou­ vernement poursuit ses efforts en faveur de l’amélioration de la pro­ ductivité, de l'accès aux semences et au matériel végétal de qualité, de la diffusion des bonnes pratiques agricoles et du renforcement du conseil agricole. Malgré la production déjà appréciable, les pertes post-récolte sont évaluées à 30%. Dans un tel registre, la trans­ formation est considérée comme la voie royale pour l’avenir. Certes, les objectifs chiffrés en termes de trans­ formation ne sont pas clairement définis, mais le manioc a été défini par le gouvernement comme une fi­ lière prioritaire, pour inverser la courbe des importations de blé. Dans le cadre du plan présidentiel d’import- substitution, l’Agence des normes et de la qualité (ANOR) et le Minader ont élaboré une norme (NC 6334 :2024) pour la farine de manioc pa­ nifiable. Par ailleurs, le Minader et le ministère du Commerce ont signé une circulaire conjointe qui impose aux boulange­ ries d’intégrer au moins 5% de farine de manioc dans la fabrication du pain. D’autres chantiers vont dans le sens de la transformation du ma­ nioc dans plusieurs secteurs indus­ triels, notamment la biscuiterie, l'agroalimentaire,...

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