Politique

“Nous oeuvrons dans le renforcement de notre coopération avec le Cameroun”

Vivian Loss Sanmartin, ambassadeur de la République fédérative du Brésil au Cameroun

 

Excellence, quelle évaluation faites-vous de la coopération bilatérale entre le Brésil et le Cameroun

Nos relations diplomatiques avec le Cameroun remontent à 1960, quand le Brésil a reconnu son indépendance. Nous avons été parmi les premiers pays à le faire. Il faut aussi souligner que notre ambassade est la seule mission diplomatique résidante de l’Amérique latine et des Caraïbes dans les pays. Depuis mon arrivée au Cameroun, en juillet 2018, j’ai cherché, comme mes prédécesseurs, à renforcer et à approfondir nos relations avec ce beau pays, cette « Afrique en Miniature » dont la diversité géographique, ethnique, linguistique, culturelle et religieuse nous approche en tant que peuples, le Brésil étant, aussi, un pays multi divers. Nous voyons beaucoup de possibilités d’augmenter nos échanges culturelles, commerciales, éducationnelles, techniques entre nos peuples et nos institutions en vue de la promotion du développement durable.

Quelles sont les secteurs où cette coopération a récemment enregistré des progrès ?

Nous avons eu en 2018, la signature d’un Mémorandum d’entente entre les marines du Brésil et du Cameroun, et plus récemment, c’est-à-dire en 2019, la signature de deux accords dans le domaine de la justice. Nous soutenons le Cameroun dans ses efforts pour lutter contre la criminalité et la piraterie dans le golfe de Guinée. Depuis juillet 2018, un officier de la marine brésilienne est en mission spéciale auprès du Centre interrégional de la coordination des pays du Golfe, dont le siège est à Yaoundé. Aussi, il faut également mentionner l’inauguration, en 2018, du câble de la fibre optique reliant Kribi à Fortaleza, au Brésil, un projet entrepris par Camtel en association avec des partenaires chinois. C’est le premier câble reliant l’Afrique centrale à l’Amérique latine.

Dans le cadre des relations entre les deux pays, il y a eu récemment l’incident de Barueri. De quoi s’agit-il et comment en est-on arrivé là ?

En décembre dernier, la chambre municipale d’une ville de taille moyenne dans l’état de Sao Paulo a adopté une motion de support à l’auto proclamé « République ambazonienne ». Cette initiative a été diffusée par quelques réseaux sociaux au Cameroun et ailleurs, suscitant des inquiétudes sur la position du Brésil à propos de ce conflit. Donc, j’ai voulu donner cette interview pour clarifier définitivement la position du gouvernement brésilien à propos de cet incident. Tout d’abord, il faut noter que le Brésil est une république fédérative et que les municipalités ont de l’autonomie pour proposer et adopter des motions sur les sujets les plus variés. Nous avons plus de 5500 municipalités au Brésil.  Il faut préciser, ensuite, ce qui signifie une motion dans l’ordonnance juridique brésilienne. Il s’agit d’une proposition présentée à une assemblée parlementaire, ou délibérative, par l’un de ses membres, pour qu’elle s’exprime sur une certaine question : on peut proposer des motions de soutien, solidarité, méfiance, etc. bien qu’elle exprime une opinion, une préoccupation etc., une motion législative n’a aucune valeur juridique. Il faut rappeler aussi le principe de séparation des pouvoirs, c’est-à-dire l’exécutif et le pouvoir judiciaire. Cela étant dit, il faut préciser que la constitution brésilienne établit dans son article 21, point I, qu’il incombe à l’union, représentant de l’Etat fédéral brésilien, « d’entretenir des relations avec les Etats étrangers et de participer aux organisations internationales ». Qu’elle précise, dans son article 84, point VII, que « il incombe exclusivement au président de la République », en tant que chef du gouvernement fédéral, « d’entretenir des relations avec les Etats étrangers et d’accréditer ses représentants diplomatiques ». De ce fait, les relations internationales du Brésil sont l’attribution exclusive de l’Union dans celle-ci, du président de la République.

Je peux aussi ajouter que l’un des principes sur lesquels le Brésil base ses relations avec d’autres pays est celui de la non-ingérence dans les affaires internes ; et que sur la base de ce qui précède, la motion de la chambre législative de Barueri est dépourvue d’effet juridique et de toute signification devant le droit brésilien et le droit international ; et que partant, est complètement fausse toute information diffusée sur les réseaux sociaux cherchant à suggérer que le Brésil appui des mouvements séparatistes au Cameroun. Le Brésil reconnaît, de façon catégorique, en conformité avec le droit international, l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale du Cameroun, pays avec lequel nous entretenons des précieuse et historiques relations d’amitié et de coopération depuis 40 ans.

 

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