« Il s’agit d’une guerre des modèles »
- Par Assiatou NGAPOUT M.
- 03 Feb 2026 11:40
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Dr. Sylvestre Noa, sociologue au département de sociologie de l’Université de Yaoundé.
En considérant les réalités et le contexte social actuels, comment analysez-vous l’évolution de nos manières d’aimer ?
Ces évolutions sont influencées par beaucoup de facteurs exogènes. Aux us et coutumes locales, s’ajoutent des emprunts faits aux sociétés étrangères, notamment occidentales, qui nous abreuvent de leur culture par la superpuissance de leurs médias. Vous avez par exemple des formes de demande en mariage typiquement vulgarisées par les sociétés occidentales. Un cas a d’ailleurs récemment fait le buzz à travers les réseaux sociaux. Il témoigne de l’inclinaison au spectacle affectif.
Quels impacts ont les évolutions sociales et technologiques sur la manifestation de l’amour ?
Les évolutions sociales et technologiques agissent comme un vase qui confère sa forme aux substances qu’il contient. L’amour va donc se jouer sur le terrain des moyens de communications modernes, en supplantant par exemple la vielle lettre classique. Ils vont ainsi imposer l’obligation de faire des statuts, des appels vidéo, de l’usage des émoticônes et stickers etc. Ne pas s’y conformer peut-être à l’origine d’ennuis, car ces usages s’imposent comme une jauge du sentiment ; en frappant d’obsolescence toute autre manière de faire. C’est également le cas avec certaines célébrations qui se sont imposées comme la Saint-Valentin. Pour certains, c’est le carrefour incontournable des lovers, un rendez-vous à ne pas manquer peu importe le coût. Parce qu’il y a bien un prix pour de telle socialité et il s’avère parfois très onéreux, surtout en ce qui concerne nos sociétés de plus en plus marchandes. En d’autres termes, tout est opportunité de business. La Saint-Valentin en est une, et se révèle d’ailleurs très lucrative. Impossible de la célébrer sans devenir d’une manière ou d’une autre, un client de ce business.
Chez les jeunes, de nouvelles formes d’engagement et de consommation de l’amour sont plus axées sur la liberté d’exprimer ses désirs et ses pulsions. Qu’est ce qui peut expliquer cela ?
Les gens veulent être des gens de leur époque. Comme je le rappelais plus haut, être à l’ère du temps ne signifie pas forcément adopter la culture de sa société originelle. Les gens sont parfois ressortissants d’une société particulière, mais socialisés par une autre. Avec la force des médias, ce sont des situations qui sont devenues très banales. Une part significative des comportements est manufacturée par ce qui nous vient d’ailleurs, et qui étouffe l’ethos local. Ailleurs justement, on ne tient pas toujours compte de la pudeur. On s’en moque même. Et l’amour s’impose tout d’abord comme un droit à la jouissance sans limite. Par contre, dans les habi...
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