« Nous avons la considération et la confiance des partenaires »

Cécile Akame Mfoumou, présidente de la Croix-rouge camerounaise.

En principe, la Croix-rouge mène ses activités dans le strict respect des sept piliers cardinaux, tous attachés à l’humanitaire. Peut-on dire que la branche camerounaise est restée fidèle à ces principes ?

Nous travaillons effectivement sur la base des principes d’humanité, d’impartialité, d’indépendance, d’unité, d’universalité et de volontariat qui fondent toute activité de la Croix-rouge. Si je me réfère à l’actualité, nous menons des activités de sensibilisation dans le cadre de la lutte contre la propagation du Covid-19, au sein des 58 départements du Cameroun en ce moment. Cette vaste campagne de sensibilisation est faite sur la base de ces préceptes grâce à près de 60 000 volontaires déployés sur le terrain. C’est donc clair que la Croix-Rouge camerounaise ne discrimine pas : elle est partout et pour tous. Sont donc ici respectés, les principes d’humanité, de volontariat, de neutralité, et bien d’autres encore.

Que peut-on mettre à l’actif de la Croix-rouge camerounaise  en 60 ans d’activité?

La Croix-rouge camerounaise a été très souvent impliquée dans la plupart des accidents ferroviaires graves qui sont survenus. On peut, entre autres évoquer les accidents de train d’Olembé et d’Eséka. Nous sommes également intervenus dans les irruptions du Mont Cameroun. Les crises d’inondation dans l’Extrême-Nord, ainsi que les glissements à l’Ouest ont permis à la Croix-Rouge camerounaise de démontrer son engagement en matière de secourisme en cas de catastrophe. C’est à peu près sûr que c’est nous qui avons implémenté la notion de volontariat si bien que, au-delà des 60 000 volontaires dont nous disposons aujourd’hui, plus de 500 00 personnes ont bénéficié de notre encadrement. Et désormais, nous sommes sortis de ces sentiers pour emboîter le pas aux questions de santé publique, avec la surveillance épidémiologique pour aider à lutter contre le coronavirus, par exemple.

La Croix-rouge camerounaise vient d’être reconnue d’utilité publique par le président de la République 50 ans après, quels sont les avantages qu’offre ce statut ?

Le tout premier avantage que nous tirons, est la considération et la confiance de la part des partenaires du mouvement Croix-rouge avec lesquels nous travaillons. Notamment de la Communauté internationale de la Croix-rouge, de la Fédération des sociétés Croix-rouge partenaires comme celles qui sont installées dans notre société nationale et qui travaillent avec nous sur le terrain telles que : les Croix-rouge française, suédoise et luxembourgeoise. Du coup, les structures du système des Nations unies telles que le PAM, Unicef, le HCR, etc, avec lesquelles nous collaborons, peuvent nous éviter des voies de contournement et nous mettre directement en relation avec les bailleurs de fonds pour accéder à des financements des projets. Même s’il est vrai que l’Etat nous soutient déjà énormément. Mais, vu leur nombre important, nous avons toujours besoin des partenaires internationaux pour y arriver.

Quels sont, à long, moyen, voire long termes les projets de la Croix-Rouge camerounaise ?

 Nos projets sont nombreux. Nous envisageons la construction des bureaux-sièges dans les départements et arrondissements pour améliorer et faciliter les conditions de travail de nos différents comités qui tiennent, jusque-là leurs séances de travail dans des domiciles privés. Nous comptons aussi donner à nos volontaires des moyens logistiques, en termes d’équipements d’intervention (tenues appropriées, motos, véhicules, brancards,…), compte tenu des sollicitations auxquelles nous faisons face. D’autres projets nous tiennent également à cœur : le relèvement du plateau technique de notre Hôpital ici au siège. Nous voulons créer et équiper dans toutes les autres villes, d’autres centres de santé, en plus des 800 dont nous disposons déjà. L’objectif étant de fidéliser nos volontaires. Dans la même logique, nous ambitionnons d’achever les travaux de l’immeuble de type R+3, entamés par mon prédécesseur, William Aurélien Etéki Mboumoua. Cela nous permettra également d’améliorer notre capacité d’accueil des malades qui nous sont souvent référés par l’Hôpital central et le Centre des urgences de Yaoundé.

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