Trafic illégal d’armes : danger !

Face à la montée de l'insécurité et de la détention des armes de guerre par des personnes non indiquées, le gouvernement veut remettre de l’ordre.

L' une des principales annonces faites par le ministre de l'Administration territoriale, Atanga Nji Paul, jeudi dernier au cours de sa rencontre avec les opérateurs du secteur de l'armurerie, a été l'interdiction de la vente des armes traumatiques sur l'ensemble du territoire national. Classées à la 4e catégorie du régime général des armes et munitions, selon la loi du 14 décembre 2016, celles-ci, de l'avis du Minat, sont au cœur de nombreux trafics et concourent à accroître l'insécurité dans certaines parties du territoire national. Si elles servent pour la défense ou l’auto- défense, les autorités compétences déplorent aujourd’hui le fait que celles-ci servent également à commettre des actes de banditisme sur le terrain.


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Au rang des griefs formulés par le Minat à l’encontre des opérateurs du secteur de l'armurerie, l’on note ce que l’on appelle au niveau du ministère de l’Administration territoriale, des irrégularités communes aux propriétaires des armureries et celles spécifiques à chacun des opérateurs du secteur. La première, dans le cadre commun tient à la mauvaise tenue des registres, ce qui ne facilite pas les contrôles ; on a l’absence d’informatisation des armureries ; la non-transmission régulière des rapports d’activités au Minat ; l’absence de qualification du personnel utilisé ici ; l’inexistence de la collaboration avec les autorités administratives.


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S’agissant des griefs spécifiques à certains armuriers, il y a lieu de noter la non-signalisation des armureries ; la non-conformité des locaux ; l’exercice d’autres activités commerciales dans les locaux retenus ; la faible collaboration avec les forces de maintien de l’ordre ; la vente de munitions de chasse sur la base d’autorisations d’achat de cartouches datant de moins de cinq ans. Deux autres problèmes viennent se greffer à ceux soulevés plus haut. Il y a la vente d’armes et munitions sans la moindre autorisation ou sur la base d’autorisations délivrées par des autorités qui n’en ont pas qualité. Et plus grave, comme le déplorait le ministre Atanga Nji jeudi dernier, certains malfaiteurs bénéficient de la « mansuétude » des opérateurs du secteur pour entrer en possession d'armes à feu qui leur permettent de commettre leurs forfaits. Le ministre de l'Administration territoriale a relevé que le nombre d'armes en circulation, chez des particuliers en ce moment est largement supérieur au nombre d'autorisations d'achat, et même de port d'armes délivrées par son département ministériel. Ceci dans un contexte où l'insécurité se fait de plus en plus grandissante dans nos principales métropoles. Si on y ajoute les évènements en cours dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, auxquels s'ajoute la l'insécurité dans certains pays voisins du Cameroun, on peut comprendre la volonté du gouvernement de siffler définitivement la fin de la récréation dans un secteur, dont le caractère sensible n'est plus à démontrer. Ces zones de conflits sont souvent, comme on peut le voir aujourd’hui dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les lieux où les armes de guerre se retrouvent entre des mains inappropriées. Le Cameroun n'a peut-être pas encore atteint la cote d'alerte en matière de trafic et d'utilisation des armes de guerre, mais il est urgent d'arrêter le fléau avant qu'il prenne des proportions inquiétantes .


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